Communiqué suite à la manifestation de L’Oasis des jeunes

Communiqué suite à la manifestation de L’Oasis des jeunes, collectif de mineur.es non accompagné.es

« La honte à ce pouvoir qui fait la guerre aux mineur•es isolé•es ! » C’est ce que scandait le cortège répondant à l’appel de l’Oasis des jeunes - collectif de MNA (Mineur•es non-accompagné•es) de Grenoble- ce vendredi 19 juin à 18h.

Pourquoi cette date ?
Cette date a été choisie car il s’agit de la fin des épreuves du bac, pendant que des jeunes célèbrent cette date, les MNA en France « vivent dans l’incertitude, l’inquiétude de ne pas savoir ce (qu’ielles) deviendront, et certain•es ne sont pas scolarisé•es ». Cette date a été choisie par la Coordination Nationale des Mineur•es isolé•es en lutte dont fait partie l’Oasis des jeunes. De plus le 20 juin est marqué par la « journée des droits des réfugié•es » ce que le collectif n’a pas manqué de mentionner.

La manifestation a réuni 150 personnes, citoyen•nes, ou membres de syndicats, collectifs et associations parmi la trentaine d’organisations signataires de l’appel de l’Oasis. Ils et elles se sont retrouvé•es devant le conseil départemental pour revendiquer les droits les plus fondamentaux des jeunes de ce collectif : « un toit, une école, des papiers ! »

Le cortège s’est arrêté devant plusieurs institutions clés de leurs parcours en France :

  • Devant le conseil départemental, où les jeunes ont trouvé porte close, le département ayant fermé les portails à 17h en vue de la manifestation. L’Oasis des jeunes débutait son parcours pour réclamer l’application de la présomption de minorité, principe que la France s’est engagée à garantir en signant la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et que le département de l’Isère refuse d’appliquer. En témoigne le processus d’évaluation arbitraire, auxquels se soumettent les jeunes à leur arrivée, qui ne les reconnait pas mineur•es malgré la présence de documents d’état civil, le département les remet à la rue sans aucune ressource. Le collectif revendique le droit à un recours suspensif durant lequel le département les prendrait en charge jusqu’à décision du juge des enfants. Le collectif demande « plus de considération, nos rêves sont brisés. Nous ne cesserons de nous battre pour nos droits à une vie normale comme tout enfant français ».
  • Devant la préfecture pour dénoncer l’accès aux titres de séjours, la fabrique des sans-papiers et rappeler que l’absence de reconnaissance de minorité de ces jeunes en première instance par le département à des conséquences graves pour elleux dans l’accès aux titres de séjour. En effet, les recours pouvant durer jusqu’à 3 ans et la reconnaissance de minorité n’étant pas rétroactive, ces jeunes perdent un temps précieux qui leur sera reproché pour la régularisation. Pourtant, il est important de souligner que l’immense majorité de ces jeunes est reconnue mineur.e par le juge.
  • Devant le Rectorat, les jeunes prenaient la parole en soutien aux autres collectifs de MNA qui manifestaient ce week-end pour le droit à l’école. L’accès à la scolarité des MNA est restreinte voir rendue inaccessible dans certains départements, laissant de nombreux•ses jeunes errer toute la journée. Le collectif rappelait qu’iels sont des enfants, que « leur place est à l’école pas dans la rue sur des trottoirs brulants ».
  • Devant l’hôtel de ville pour rappeler l’urgente nécessité de réquisitionner les logements vides de Grenoble. Rappeler la responsabilité de la mairie de Grenoble de les protéger du sans-abrisme en tant que citoyen•nes grenoblois•es. L’hébergement de ces jeunes à Grenoble est uniquement permis grâce aux réseaux citoyens qui se substituent au manquement de l’Etat. Ces réseaux sont saturés. La maire a annoncé des brigades de réquisition mais pour l’heure, ces brigades ressemblent davantage à une coquille vide qu’à des avancées vers une réquisition.

Cette manifestation fait suite aux courriers qui ont été envoyés à M. Barbier président du Conseil Départemental par lesquels des audiences concernant la situation de ces jeunes ont été demandées à plusieurs reprises. Ces courriers sont restés à ce jour sans réponse, les jeunes de l’Oasis sont ignoré•es par le département alors même qu’une grande majorité d’entre elleux sera reconnue par le juge des enfants et donc pris•es en charge par le département par la suite. A Grenoble, en 2025 58% des jeunes étaient reconnu•es mineur•es par le juge des enfants, ce chiffre est en augmentation cette année.

Le collectif de soutien à l’Oasis des jeunes